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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 14:21

Bien vivre sa ménopause

Par Aude Allaire et Catherine Viot le 29/09/10
Bien vivre sa ménopause
Ostéoporose, prise de poids, baisse de la libido, bouffées de chaleur… Les désagréments liés à la ménopause ne sont pas une fatalité. Il existe des solutions pour les prévenir, les limiter ou les éliminer.
Près de 430 000 femmes atteignent chaque année l’âge de la ménopause. "Aujourd’hui, une femme de 50 ans vit presque aussi longtemps en période de ménopause qu’en période d’activité ovarienne", remarque le Dr Alain Tamborini. C’est dire l’importance que revêtent dans la vie des femmes cet épisode et les troubles qui l’accompagnent.
Inégales face à la ménopauseUne histoire d'hormones
La ménopause marque la fin de l'activité des ovaires.  Elle correspond à un arrêt des sécrétions hormonales sexuelles (oestrogènes et progestérone) qui engendre des bouleversements de l'organisme et pas seulement au niveau des organes génitaux ou des seins. Ces bouleversements et l'avancée en âge  sont source de troubles aussi divers que les bouffées de chaleur, la baisse de la libido, la sécheresse de la peau et des voies génitales, une prise de poids, de la fatigue, des migraines et une fragilité psychologique.

Préménopause
Heureusement, toutes les femmes ne connaissent pas forcément l'ensemble de ces désagréments et leur intensité peut être très variable. La ménopause intervient en général aux alentours de la cinquantaine et s'installe peu à peu. La phase qui la précède  appelée préménopause ou périménopause est une période de transition. La périménopause précède la fin du fonctionnement des ovaires (arrêt total et définitif des règles) et est souvent une période difficile à gérer pour les femmes tant d'un point de vue physique que psychologique. La production d'oestrogènes  et de progestérone commence à diminuer mais de façon irrégulière, le fragile équilibre hormonal est rompu et les premiers désagréments apparaissent.
Trois ans avant la ménopause, irrégularité des cycles, des bouffées de chaleur intempestives, irritabilité, fatigue, prise de poids et tendance à prendre du ventre ne sont pas rares. Plus de la moitié des femmes environ voient leur qualité de vie altérée de façon notable au moment de la périménopause. Elle dure en moyenne trois ans mais peut aussi être beaucoup plus longue ou plus courte.

Ménopause
De même que celui de la puberté, l'âge de la périménopause et celui de la ménopause varient en fonction de chacune. En France, l'âge moyen de la ménopause se situe entre 50 et 51 ans. 80% des Françaises sont ménopausées entre 45 et 55 ans, 10% avant 45 ans et 10% après 55 ans. L'hérédité peut jouer un rôle : une femme dont la mère a été ménopausée très tôt risque fort de l'être tôt aussi. Quant au tabagisme, il avance légèrement d'une ou deux années l'âge de la ménopause. 
Périménopause : les premiers désagréments- Saignements abondants et/ou irréguliers
Premier signe annonciateur des changements hormonaux, l'arrêt des règles est rarement brutal. Elles deviennent irrégulières dans leur fréquence, dans leur durée et dans leur intensité. La ménopause est installée seulement au bout d'une année sans règles.

- Bouffées de chaleur
75% des femmes connaissent des bouffées de chaleur. Ces dernières engendrent toutefois des désagréments d'intensité variable. La prise d'un progestatif, complété éventuellement d'un estrogène à dose faible, permet d'en diminuer les effets.

- Prise de poids et silhouette
Les bouleversements hormonaux ont une conséquence non seulement sur le poids mais aussi et indépendamment, sur la silhouette et la taille de vêtement car les graisses ont tendance à se répartir autour du ventre. En tout, cela représente en moyenne une petite dizaine de kilos pris entre 20 et 50 ans. Une bonne raison d'être vigilante dès la périménopause.

- Douleurs et tension des seins en périménopause
Celles qui ont connu ce type de désagrément au cours des cycles menstruels présentent généralement ces symptômes plus fréquemment que les autres femmes à la périménopause. La tension des seins peut aussi être plus importante, nécessitant parfois le changement de taille de soutien-gorge et surtout ne pas cesser avec la survenue des règles.

- Fatigue et/ou insomnie
Elles sont souvent le corollaire des bouffées de chaleur. Traiter ces dernières permet donc souvent de rétablir un meilleur sommeil et de diminuer la fatigue. Attention à votre alimentation : éviter en fin de soirée l'alcool et les aliments tels que la viande, les fromages à pâte molle, le chocolat, les œufs, le pain, le soja, les tomates.
Préférez le lait chaud au coucher, la banane ou le beurre de cacahuètes. Une activité physique régulière dans la journée et non le soir aide aussi à rétablir un meilleur sommeil.  Pensez enfin à aérer votre chambre et éviter de monter le chauffage. L'idéal : une chambre à 18° ou 19°.

- Stress et troubles psychologiques
Le lien n'est pas avéré entre la chute hormonale et les troubles psychologiques tels que le stress ou la déprime. Mais ces baisses de moral sont fréquentes et compréhensibles à cette période charnière de la vie. N'hésitez pas à en parler à votre médecin.
Les troubles de la ménopauseOn les appelle aussi "troubles climatériques"

- Les bouffées de chaleur
En général elles s'espacent avec le temps mais certaines en souffrent durant de nombreuses années. Dans la moitié des cas, elles durent plus de 5 années et dans un quart des cas, elles persistent au-delà de 10 ans. À la ménopause, c'est le Traitement hormonal de substitution (THS), le traitement hormonal substitutif -appelé maintenant THM, traitement hormonal de la ménopause- qui est le plus efficace pour combattre ces troubles lorsqu'ils affectent la qualité de vie. D'autres traitements existent, moins efficaces, ils peuvent pourtant soulager certaines femmes.

- Irritation, sécheresse vaginale et baisse de la libido
L'arrêt du flux d'hormones féminines entraîne un défaut de lubrification du vagin. Le délai d’apparition de la sécheresse vaginale varie beaucoup d’une femme à l’autre, de quelques mois à quelques années. Elle peut d'une part favoriser les cystites et d'autre part rendre les rapports sexuels douloureux. La sécheresse vaginale, qui prédomine d’abord à l’entrée du vagin, engendre une douleur au moment de la pénétration.
Elle peut être traitée par des traitements hormonaux locaux : crème aux oestrogènes à appliquer deux ou trois soirs par semaine à l'entrée du vagin, ovules aux œstrogènes à introduire dans la cavité vaginale. Le THS, combiné ou non aux traitements locaux, permet aussi d'améliorer la situation. L'usage d'un lubrifiant intime, en vente libre en pharmacie, peut constituer un précieux appoint.

- Les fuites urinaires et nycturie
Les fuites urinaires à l'occasion d'un effort notamment (éternuement, éclat de rire, quinte de toux) sont plus fréquentes.
Les femmes ménopausées sont aussi plus nombreuses à se réveiller la nuit pour aller aux toilettes. Des solutions existent : exercices de rééducation pour raffermir les muscles du périnée, à faire après un apprentissage auprès d’un kinésithérapeute, médicaments... Ou encore les bandelettes TVT : posées par un chirurgien elles soutiennent l'urètre et évitent les fuites.

- L'ostéoporose
Les carences hormonales ont une conséquence directe sur l'activité des cellules osseuses. En raison du manque d’oestrogènes, la perte de masse osseuse s’accélère à la ménopause. L’os devient plus fragile et il est exposé au risque de fracture. On estime qu’une femme ménopausée sur trois sera concernée par l’ostéoporose, ce risque augmentant avec l’âge.
L’alcool, le tabac, la prise de corticoïdes, une trop grande minceur (IMC inférieur à 20), une mère ayant eu une fracture du col du fémur, certaines maladies comme la polyarthrite rhumatoïde… sont autant de facteurs de risques supplémentaires.
L’ostéodensitométrie permet de mesurer la densité minérale osseuse (DMO), témoin de l’ostéoporose. Depuis le 1er juillet 2006, cet examen est pris en charge par l'Assurance Maladie pour les femmes à risques. Il est remboursé à 70% sur la base d'un tarif fixé à 39,96€ (voir le site de l’assurance maladie)

- Les maladies cardiovasculaires
Les femmes sont touchées plus tard que les hommes, mais dès que la production hormonale cesse, le risque augmente. Il faut alors être vigilante et lutter contre les facteurs de risque bien connus que sont : l'hypertension, un taux de cholestérol trop élevé, le diabète, l'obésité, le tabac et la sédentarité.

- Les risques de cancers
Certains cancers comme le cancer du sein, de l'utérus ou de l'ovaire sont plus fréquents après la cinquantaine. Dans les trois cas, un suivi régulier chez le gynécologue au moins une fois par an avec examen clinique, frottis du col une fois par an ou tous les deux ans et mammographie tous les deux ans permettent de les traiter tôt et de mieux les soigner. Depuis 2004, l’assurance maladie offre à toute femme de 50 à 75 ans une mammographie de dépistage gratuite, dans des cabinets agréés, avec l’avantage d’une double lecture des clichés.

Faut-il prendre un traitement hormonal ?- Le Traitement hormanal substitutif (THS) c'est quoi ?
Il consiste à compenser les carences hormonales en apportant des hormones que le corps ne fabrique plus. Il permet de diminuer rapidement les bouffées de chaleur, l'irritabilité, les troubles du sommeil, de lutter contre la sécheresse vaginale et de prévenir les risques d'incontinence et d'ostéoporose.

- Les différents THS
Il existe différents types de THS : En France, ils associent en général l'estradiol (estrogène naturel) à une progestérone micronisée ou à un progestatif de synthèse. Le traitement peut se présenter sous forme de comprimés, de gel, de patch. Suivant le type de traitement utilisé, il faut le prendre quotidiennement en continu ou de façon séquentielle avec des arrêts à date fixe.

- Tous les THS présentent-ils les mêmes risques?
Non, selon l'étude française E3N publiée en 2005 qui a suivi 70 000 femmes. L'association estrogène-progestatif de synthèse augmenterait le risque de cancer du sein alors que l'association estrogène-progestérone micronisée ne semble pas augmenter ce risque. De plus, l’étude ESTHER (2005) suggère que l’association estradiol en gel ou patch et progestérone micronisée n’augmenterait pas le risque vasculaire (thrombo-embolique), même si ces résultats doivent être confirmés.
Fin 2003, l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire) a publié de nouvelles recommandations, régulièrement actualisées depuis, qui encadrent strictement la prescription du THS et qui pourraient se résumer par : " En user si besoin à la dose et pendant la durée minimales nécessaires. "

- Quand faut-il prendre un THS ?
La polémique qui a entouré le THS aura finalement permis de mieux connaître ce traitement et de pousser les chercheurs à lancer de nouvelles études. Le THS n’est plus le traitement miracle largement proposé par les gynécologues aux femmes. Sa prescription est aujourd’hui beaucoup plus ciblée. Crainte des femmes ou prudence des médecins, les ventes ont chuté de 70% entre 2002 et 2009.
Il reste le traitement le plus efficace pour toutes celles qui voient leur qualité de vie nettement dégradée à la ménopause par les bouffées de chaleur. Il est efficace même à de très faibles doses, soit deux à trois fois moins que les doses "standard". "Ces minidoses soulagent 80% des femmes", souligne le Dr Alain Tamborini. Reste à en évaluer les effets sur de longues durées. Le THS peut aussi être un recours contre l'ostéoporose pour celles qui ne supportent pas les autres traitements de cette maladie.
Dans le futur, les médecins pourraient prescrire des "ultra-faibles" doses d’oestrogènes, même longtemps après le début de la ménopause, en prévention de l’ostéoporose. Il existe déjà des études montrant que ces ultra-faibles doses préservent le capital osseux et aux Etats-Unis, un patch très faiblement dosé a reçu le label "prévention de l’ostéoporose". À confirmer.

Il faut toutefois rester très vigilante : réévaluez chaque année avec votre médecin, l'intérêt du traitement. Arrêtez-le un à deux mois pour voir si les bouffées de chaleur reviennent ou non. Pour éviter un sevrage brutal, il est aussi possible de réduire progressivement les doses. (Pour en savoir plus : questions-réponses sur le site de l’Afssaps)

> L'avis du Dr Alain Tamborini
Le Dr Alain Tamborini est gynécologue à l'Hôpital Georges-Pompidou, spécialiste des problèmes hormonaux : "La ménopause est un tournant important dans la vie d'une femme lors duquel le suivi médical, avec ou sans traitement est primordial. La consultation de la ménopause ne se réduit pas à savoir si l'on met en place un traitement hormonal substitutif ou non. Bien au contraire ! C'est un moment d'échange entre la femme et son médecin qui lui délivre conseils, information, procède aux dépistages nécessaires et éventuellement, si cela est nécessaire lui propose un traitement.
Dès la périménopause lorsque les cycles deviennent irréguliers et qu'apparaissent les premiers troubles, notamment les bouffées de chaleur et les modifications de la silhouette, le médecin peut apporter de précieux conseils et, si les bouffées de chaleur sont gênantes, proposer un progestatif.
Ce n'est pas un THS celui-ci doit être commencé, lorsqu'il est nécessaire, à partir de la ménopause confirmée et non en période de périménopause."
Les autres traitements de la ménopause- Contre les bouffées de chaleur
Depuis l’arrêt de la véralipride (Agréal), il n’existe plus qu’un médicament non hormonal permettant de lutter contre les bouffées de chaleur : c’est la bêta-alanine (Abufène). Il s’agit d’un acide aminé agissant sur la vasodilatation. "Il n’a ni contre-indications, ni effets secondaires et il peut être employé sans limitation de durée", remarque le Dr Tamborini. Mais son efficacité est très variable d'une femme à l'autre.
Enfin si vos relations sexuelles sont gênées par une sécheresse vaginale douloureuse, des traitements hormonaux locaux sous forme de crème, de gel ou d'ovules peuvent être une solution.  Ces traitements locaux sont efficaces mais requièrent une certaine persévérance.

- Les phytoestrogènes
Les médecins restent sceptiques car les études scientifiques sont loin d'avoir démontré une réelle efficacité de ces compléments alimentaires.  Pourtant, les femmes qui déclarent être soulagées par les phytoestrogènes sont nombreuses. D'origine végétale (soja notamment), ils ont une très faible action estrogénique car leur structure ressemble à celle des estrogènes. Mais, aux yeux de l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), la prudence est de mise. L’Agence note que les effets de la consommation de soja semblent bénéfiques pour les femmes asiatiques mais qu’il est difficile d’extrapoler. Leurs effets, très discrets sur les bouffées de chaleur, semblent plus intéressants sur l’ostéoporose. L’Agence recommande de ne pas multiplier les sources de phytoestrogènes (pas plus d’1mg/kilo de poids et par jour et les déconseille aux femmes ayant des antécédents familiaux ou personnels de cancer du sein, en raison de leurs effets de type estrogène sur les tumeurs.
De plus, ayant le statut de compléments alimentaires, ils sont mis sur le marché sans le contrôle préalable de la très rigoureuse Afssapas (Agence de sécurité sanitaire) qui délivre les AMM (Autorisation de mise sur le marché) aux médicaments.

- La DHEA
La DHEA est un précurseur d'hormones sexuelles masculine (testostérone) et féminine (estradiol). Présente naturellement dans l'organisme, son taux diminue avec l'âge.  À 40 ans, les femmes ont perdu 50% de leur capital de DHEA et à 75 ans, il en reste seulement 10%. Il n'a pas été établi à ce jour une activité pharmacologique directe de la DHEA.
Elle ne supprime pas les bouffées de chaleur et son efficacité dans la lutte contre le vieillissement n'est pas prouvée à ce jour.
Par contre, certaines études mettent en évidence une diminution du bon cholestérol et une augmentation du risque de cancers hormonaux dépendants sous DHEA, même à faible dose.

- Les omégas 3
Des compléments d’omégas 3 pourraient contribuer à réduire la fréquence et l’intensité des bouffées de chaleur associées à la ménopause, selon une étude québécoise de 2008. Ils auraient aussi l’avantage d’agir sur la déprime. Mais cette enquête, menée sur un petit nombre de femmes, demande à être confirmée.

Prévention : ce que vous pouvez faireAlimentation : le combat continue !
Plus que jamais pour ne pas prendre de poids, vous devrez surveiller votre alimentation autant que votre balance. Pas question de vivre au rythme de régimes drastiques, d'autant que le métabolisme change avec l'âge. Après 70 ans ce ne sont pas les graisses qui fondent lorsqu'on perd du poids mais les muscles !
Mangez équilibré et gare aux graisses cachées et aux sucres rapides présents dans les pâtisseries, viennoiseries, gâteaux secs. Ajustez les quantités de nourriture à votre activité physique.Veillez à des apports suffisants en calcium pour la solidité de vos os : produits laitiers et certaines eaux minérales (Hépar, Contrex).

- Bougez-vous !
Notre meilleure arme : l'activité physique. Selon les chercheurs, celles qui pratiquent une activité physique auraient 10 à 30% de cancers du sein en moins.  Ils ont aussi mis en évidence une augmentation de la DMO (Densité minérale osseuse) chez les femmes pratiquant un exercice en charge une heure trois fois par semaine. Au moins 30 minutes d'activité physique par jour semble le bon tempo.

- Les activités à privilégier
La natation est recommandée en cas de problème articulaire mais n'est d'aucune utilité pour lutter contre l'ostéoporose. Par contre le stretching, le yoga, le vélo ou la randonnée sont accessibles à tous. Quel que soit votre choix, une visite de contrôle chez votre médecin s'impose avant toute pratique.

- Suivi médical : une nécessité
Même si vous ne suivez pas de traitement particulier, même si tout va bien, la fin de votre fertilité ne doit en aucun cas sonner le glas de votre suivi gynécologique !  Une consultation, un frottis du col utérin et une mammographie s'imposent régulièrement. Le cancer de l'endomètre (intérieur du corps utérin), le cancer du sein et l'ostéoporose sont en effet des maladies dont la fréquence augmente à la ménopause. 

Article du 07/08/06, mis à jour le 29/09/2010

http://www.notretemps.com/sante/2275108-bien-vivre-sa-menopause/6-prevention-ce-que-vous-pouvez-faire.html

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Published by VAUTOUR Christine - dans SANTE - PSY...
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