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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 13:41
Par Pierre Bienvault (La Croix) le 01/02/11
 
L’Institut national du cancer vient de présenter un dispositif visant à délivrer une information de référence, via un site internet, une ligne téléphonique et des guides pour les patients et leurs proches.
Comment s’y retrouver dans toute l’information qui circule sur le cancer ? Et comment savoir, en particulier sur Internet, ce qui est sérieux et ce qui l’est moins ? Voilà des questions concrètes que se posent nombre de patients et de proches, désireux de ne pas laisser aux médecins le monopole du savoir sur la maladie. Cette quête d’information est bien sûr légitime. Elle est même reconnue aujourd’hui comme un levier fondamental de la "démocratie sanitaire".

C’est dans cette logique que le deuxième plan cancer (2009-2013) prévoit, dans sa mesure 19.5, de "rendre accessible aux patients une information de référence sur les cancers afin d’en faire des acteurs du système de soins".
Des guides, une ligne téléphonique et un site internetPour permettre ce partage du savoir, l’Institut national du cancer (INCa) vient de présenter une "plate-forme" d’information médicale et sociale à destination des malades et de leur entourage. Développé en lien avec la Ligue contre le cancer, ce dispositif repose sur trois piliers : des guides d’information de 50 à 100 pages sur les cancers, les traitements ou la vie avec la maladie ; une rubrique Internet sur le site de l’INCa (http://www.e-cancer.fr/cancer-info) ; une ligne téléphonique d’écoute et d’orientation.

Ces trois sources d’information existaient déjà mais la volonté, aujourd’hui, est de les étoffer et de les inscrire dans une démarche unique et cohérente. "Notre souhait est de proposer une information claire et surtout validée sur le plan scientifique. Pour bâtir cette information destinée au patient, nous nous appuyons sur les recommandations de bonnes pratiques élaborées pour les professionnels de santé", indique Emmanuelle Bara, directrice adjointe de l’information des publics à l’INCa.

Accessible du lundi au vendredi de 9 à 19 heures au n° 0810.810.821, la ligne Cancer Info affiche trois objectifs : délivrer une information validée et actualisée sur les cancers, orienter les patients dans le système sanitaire et social, offrir une écoute "attentive et humaine". Cette ligne ne délivre évidemment pas de diagnostic à distance. Mais au besoin, les appelants peuvent être dirigés vers un service d’écoute animé par des psychologues, une permanence juridique assurée par des avocats bénévoles ou un dispositif d’accompagnement pour les questions d’emprunt et d’assurance.
Internet : un obstacle
dans la relation médecin-patient ?Un autre enjeu est bien sûr l’information délivrée sur Internet. Aujourd’hui, on estime qu’un patient sur cinq va sur le Net pour y chercher des renseignements sur des sites santé ou sur des forums. "Plus de 130 000 conversations sur le cancer ont été recensées sur l’Internet l’année dernière", souligne l’INCa. Cette quête d’information n’est pas toujours vue d’un très bon œil par les médecins, qui affirment volontiers que leurs patients "trouvent n’importe quoi" sur la Toile. Dans son rapport 2010, rendu public la semaine dernière, le pôle santé et sécurité des soins du médiateur de la République met lui aussi en garde contre les "dérives" de l’information en ligne. "Les nouvelles technologies de l’information, qui prétendent faciliter la communication, finissent parfois par la couper, elles ne sont plus un outil, elles sont une barricade, un obstacle de plus à la relation soignant-soigné", souligne ce rapport. "La recherche d’information médicale sur Internet illustre ce constat : le ‘‘patient surinformé’’ se bâtit son diagnostic à partir d’un savoir qu’il ne maîtrise pas et qu’il construit lui-même à partir de bribes d’informations issues des forums, blogs…", ajoutent les services du médiateur.

De son côté, Emmanuelle Bara porte un regard moins sévère, affirmant qu’Internet est un "facilitateur de la relation" entre le patient et le médecin. "Il y a bien sûr des choses fausses qui circulent sur le Net. Mais il y a aussi une grande autorégulation, y compris sur les forums, qui permet de corriger pas mal d’inexactitudes", explique-t-elle, en ajoutant que, davantage que le conflit, ces patients très informés recherchent surtout "une coopération renforcée avec les médecins".

Article paru dans La Croix le 1/02/2011

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Published by VAUTOUR Christine - dans SANTE - PSY...
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