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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 19:44

Médicaments génériques: efficacité mise en doute

Par Pierre Bienvault (La Croix) le 05/03/12
 
Faut-il faire confiance aux médicaments génériques? Le débat est relancé par l'Académie de médecine qui a publié le 14 février 2012 un rapport mettant en doute leur efficacité. Mais il ne fait pas l'unanimité. 

• Que dit le rapport de l'Académie?

Ce rapport de sept pages, rédigé par le professeur Charles-Joël Menkès, ancien chef du service de rhumatologie de l'hôpital Cochin à Paris, reprend les arguments développés ces dernières années par certains médecins contre les génériques (appelés aussi princeps).

Le rapport souligne qu'un générique n'est pas une "copie conforme" du princeps. S'il doit contenir le même principe actif, il peut avoir une présentation différente (par exemple gélules au lieu de comprimés).

L'excipient, qui donne sa consistance au produit final, peut varier. "Le changement d'excipient peut occasionner des réactions allergiques plus ou moins sévères, notamment avec les formes orales des antibiotiques à usage pédiatrique", souligne le rapport, en ajoutant que les "malades âgés en traitement chronique peuvent être désorientés par les changements d'aspect et de dosage de leurs médicaments habituels".

Faut-il remettre en cause les médicaments génériques ?
Pour le professeur Menkès, l'objectif est "juste de mieux informer" sur les génériques, "sans remettre en cause leur intérêt global".

Le professeur Jean-Paul Giroud, pharmacologue et lui aussi membre de l'Académie, avoue, ne "pas avoir été convaincu" par ce rapport. "Il n'y a aucune raison de douter de l'efficacité et de la sécurité des génériques", affirme ce spécialiste.

Les autorités sanitaires sont sur la même ligne. "Le véritable problème avec les génériques est la perte de confiance dont ils font aujourd'hui l'objet, constatait le 15 février 2012 à l'Assemblée nationale Dominique Maraninchi, le directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps). Le seul moyen d'endiguer ce phénomène est de garantir que leur sécurité est identique à celle des princeps. Elle est même supérieure dans certains cas, un nouveau produit étant souvent mieux étudié et fabriqué dans de meilleures conditions."
Pourquoi la vente de génériques est-elle en recul ?
Pour la première fois, on a constaté en 2011 une légère baisse (– 3 %) du nombre de boîtes vendues en France. "Elle s'explique d'abord par le retrait du marché de certaines spécialités très ‘‘génériquées'' comme le Di-Antalvic. Mais elle est aussi liée à une défiance vis-à-vis des génériques, notamment chez les médecins de plus en plus nombreux à mettre la mention ‘‘non substituable'' sur leurs ordonnances", constate Catherine Bourrienne-Bautista, déléguée générale du Gemme, qui regroupe des fabricants de génériques.

Tout en soulignant que le taux de substitution d'un princeps par un générique demeure élevé (près de 80 %), l'assurance-maladie s'inquiète de son côté pour certains médicaments, en particulier le très prescrit Plavix. Entre mars 2010 et juin 2011, le taux de substitution de ce médicament de prévention cardiovasculaire a baissé de six points, passant de 68 % à 62 %.

Article paru dans La Croix le 28 février 2012.
 
 

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Published by VAUTOUR Christine - dans SANTE - PSY...
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